Histoire du tableau
Le Martyr de saint Sébastien soigné par Irène et ses servantes, toile d'Eugène Gaspard MONDAN, d’après l’œuvre de Domenico FIASELLA.
Un coin d'histoire
Retour quelques années plus tôt. Napoléon Bonaparte est alors empereur.
Les campagnes militaires se succèdent, Italie, Russie, Égypte...
Napoléon Bonaparte est attaché à remercier ses militaires pour leur engagement. Il favorise la diffusion des œuvres d’art dans les communes. Une démarche contribuant à l’enrichissement culturel et artistique de nombreuses régions de France. L’attribution des œuvres d’art ou l’ordre de les placer pour décorer les bâtiments publics comme les églises sert cette politique culturelle, ainsi que le renforcement des liens entre l’Empire et les élites locales, véritable geste symbolique.
En 1853, année au cours de laquelle ce tableau est donné à la commune, l’empereur est Napoléon III, neveu de Napoléon Bonaparte. Soucieux de respecter les volontés de son oncle, à savoir, léguer aux communes un tableau en remerciements de ses citoyens méritants ayant combattu aux côtés de l’empereur.
Une démarche pour renforcer le sentiment national d’appartenance
Un moyen de véhiculer les valeurs impériales et l’art dans toutes les couches de la société.
Corronsac, deux hommes fidèles à l'Empereur
Jean-François Saint-Laurent, homme à la carrière militaire brillante aux côtés de l'empereur. Il se bat, dans les campagnes de Russie (Wagram, Friedland…), d'Italie.
Il commande la troupe d'élite dans le régiment des Dragons de la Reine, intègre le régiment des Dragons de la Garde Royale, est décoré chevalier de l'Ordre de la Couronne de Fer, distinction prestigieuse du Royaume d'Italie.
Il est élu maire de Corronsac de 1831 à 1848.

Le Colonel de Lespinasse, propriétaire du château de Beauregard à Corronsac. Militaire de carrière, passe trente ans au service dans les armées napoléoniennes, député de la Haute-Garonne.
Grâce à lui en 1849 la mairie de Corronsac reçoit un tableau de grande taille représentant Sainte Cécile en prison, déposé dans une chapelle latérale de l'église.
Un tableau manque dans la chapelle opposée, la commune reçoit en 1853 le tableau d'Eugène Antoine Gaspard Mondan, représentant le martyr de saint Sébastien, portant la mention sur le cadre « donné par l’empereur ».
Les ravages du temps


Au fil des ans, les ravages du temps ont détérioré cette œuvre malgré les mesures conservatoires prises. Les dégâts, trop importants, hypothéquaient sa pérennité.
Restaurer cette peinture devenait une nécessité, afin de redonner son lustre à cette œuvre de grande taille (1,89 m × 2,58 m), élément décoratif essentiel de l'église du village, précieux pour sa valeur artistique et son caractère historique.
L'heure de la restauration
Huit mois de travaux pour ce chantier mené par l'Atelier Kaysi pour la toile et les Artisans du Cadre, pour faire un nouveau châssis, reprendre les déchirures, dont une de 80 cm de long, nettoyer et reprendre la couche picturale, reboucher, poncer, redorer le cadre.
L'Association « La Sauveté de Corronsac », dédiée à la préservation du patrimoine de sa commune, a candidaté à l'opération « Le Plus Grand Musée de France ».
Cette initiative soutenue par l'assureur Allianz est menée par la Sauvegarde de l'Art Français. Elle récompense chaque année une œuvre du patrimoine culturel mobilier public par région française. « La Sauveté de Corronsac a remporté le 1er Prix pour l'Occitanie en présentant ce tableau.
La mairie de Corronsac » a également contribué à cette restauration.
Saint-Sébastien - Légende et Iconographie
Saint Sébastien est un soldat romain, né au IIIe siècle, probablement à Narbonne et élevé à Milan.
Selon la légende, il part pour Milan pour s'enrôler dans l'armée de l'empereur Dioclétien. Converti au christianisme, il est condamné à mort par l'empereur pour avoir dénoncé les actes de persécution infligés à ses coreligionnaires emprisonnés et accompli des miracles, notamment celui de Chromace, préfet de la ville de Rome. Le supplice qui lui est réservé est d'être ligoté à un arbre et percé de flèches par deux archers.
Laissé pour mort, Sébastien est recueilli par Irène, veuve chrétienne qui le soigne. Guéri de ses blessures, il défie à nouveau l'empereur qui le fait flageller à mort.
Son immense popularité tient essentiellement au pouvoir qu'on lui attribuait d'arrêter les épidémies de peste. Il est invoqué au moment de l'apparition de cette maladie à Rome en 680 et devient très vite, pendant le Moyen Âge, le grand protecteur contre les épidémies dans tout l'Occident chrétien. De nombreuses corporations, comme celles des archers, des arbalétriers, des policiers et des tapissiers, sont sous son patronage. Il est le troisième saint patron de Rome après saint Pierre et saint Paul.
Les deux scènes les plus représentées sont celles de son martyre où le saint quasiment nu est lié à un arbre et criblé de flèches, et celles où il est soigné par Irène et ses servantes.
Saint Sébastien dans l'art
Les grands maîtres de peinture des écoles françaises (Delacroix, Corot, Georges de La Tour…), italiennes (Botticelli, Raphaël, Tiepolo...), allemandes (Dürer, Memling, Holbein...), espagnoles (de Ribera…) l'ont représenté.
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Le plus grand musée de France
Vous avez été 3333 à avoir voté pour le tableau « Le Martyr de saint Sébastien », ce qui nous a permis de remporter la victoire pour la région Occitanie.
Nous avons bénéficié d'un mécénat de 8 000 euros offert par Allianz pour sa restauration.

« Le Martyr de saint Sébastien soigné par Irène et ses servantes »
Le tableau peint par Eugène Antoine Gaspard MONDAN vers 1852 est une copie d’une œuvre de Domenico Fiasella.
Ce tableau, une huile sur toile de dimensions impressionnantes (258 x 189 cm), représente le moment où saint Sébastien est soigné par Irène et ses compagnes. La scène est poignante et riche en détails. Bien que l’œuvre ait été initialement accrochée dans le chœur de l’église de Corronsac, elle est désormais stockée dans une chapelle latérale pour des raisons de sécurité et de préservation.
La restauration du tableau est d’une grande urgence en raison de son état de dégradation avancé. Le principal problème réside dans la toile, qui a été déformée sous le poids des gravats accumulés à cause du mauvais état de la maçonnerie de l’église. Ces déformations ont entraîné des déchirures sur près de 80 cm de la partie inférieure du tableau, et un petit trou est également visible près du bord. De plus, la couche picturale souffre d’encrassement et de plusieurs pertes, notamment dans la zone de l’éventration. Les vernis sont très oxydés, ce qui a causé des microfissures et un blanchiment des teintes. La restauration envisagée comprend une consolidation de la toile, la reprise des déchirures, ainsi que le nettoyage et la stabilisation de la couche picturale.
Merci à toutes et tous d'avoir permis la restauration de ce tableau !


